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Hacène Arezki, auteur des articles de La Trogne, a publié le 2 décembre 2010 aux Éditions Thierry Souccar, Climat, mensonges et propagande (320 p.).

 

En voici le sommaire, l'introduction et la conclusion.


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Sommaire :

 

INTRODUCTION


PREMIÈRE PARTIE : PERSPECTIVES HISTORIQUES

Chapitre 1 : Un peu d’histoire
Chapitre 2 : Un siècle d’évolution thermique et médiatique
Chapitre 3 : L’émergence du GIEC. Pour une politique mondiale du climat


DEUXIÈME PARTIE : QUELS CHANGEMENTS CLIMATIQUES ?

Chapitre 4 : Incertain réchauffement, avec précédent

Chapitre 5 : Les pôles : le canari dans la mine ?

Chapitre 6 : Dérèglement climatique : le temps des calamités ?


TROISIÈME PARTIE : INFORMATION OU PROPAGANDE ?

Chapitre 7 : Les chercheurs face au réchauffement

Chapitre 8 : Réchauffement médiatique

Chapitre 9 : Entre scientisme et greenwashing


QUATRIÈME PARTIE : UNE ALTERNATIVE SCIENTIFIQUE

Chapitre 10 : Et les gaz à effet de serre ?

Chapitre 11 : L’hypothèse solariste

Chapitre 12 : Vers un refroidissement ?


EN GUISE DE CONCLUSION


NOTES

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INTRODUCTION


Le 23 avril 2010, l'émission Bibliothèque Médicis, installée sous les ors de la République au palais du Luxembourg, siège du Sénat, à Paris, proposait à ses téléspectateurs un débat contradictoire sur le réchauffement climatique comme conséquence supposée des activités humaines, en présence de Madame Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Celle-ci avait été saisie peu de temps auparavant par 400 scientifiques du climat, signataires d’une pétition lui demandant de défendre leur intégrité face aux allégations de Claude Allègre, auteur d’un livre intitulé L’imposture climatique. L’ancien ministre et chercheur, dans des déclarations à l’emporte-pièce, accusait les climatologues d’agir comme des activistes plutôt que comme des scientifiques. Face à Vincent Courtillot (géophysicien) et Benoît Rittaud (mathématicien), tous deux critiques de la manière selon laquelle la responsabilité humaine dans le changement climatique est tenue comme certaine, le glaciologue Jean Jouzel et le physicien de l’atmosphère Bernard Legras, pétitionnaires, représentaient le courant dominant. Legras, lors d’un premier tour de table, s’exprima en ces termes : « Nous avons affaire à des insinuations, des accusations, que nous jugeons outrancières, voire souvent injurieuses, qui sont portées à l’égard de toute une communauté. Ces accusations sont portées par des personnalités qui se disent scientifiques et qui disent parler au nom de la science. [...] On a fait un salmigondis considérable, où la science en fait est instrumentalisée dans une discussion qui n’a rien de scientifique, mais qui est idéologique et politique. Monsieur Claude Allègre a comme point de vue d’avoir une foi inébranlable dans le progrès technologique. C’est son choix, c’est tout à fait respectable si on veut, c’est une opinion qu’on peut défendre ; c’est à peu près celle de l’administration Bush ». Claude Allègre, bien que faisant référence à nombre de publications scientifiques, a, il est vrai, expliqué que son livre est avant tout « politique ». La dénonciation de Bernard Legras s’avère donc au moins en partie justifiée. Il adopte pourtant une position similaire à celle qu’il réprouve en se plaçant lui aussi immédiatement sur le terrain de l’idéologie et en reprochant à son ancien ministre de tutelle sa vision du monde.

Cette anecdote illustre parfaitement l’état actuel du débat sur le réchauffement climatique. L’évolution récente du climat est un sujet avant tout scientifique. Il s’agit de savoir comment elle se place dans le cadre de sa variabilité naturelle, quelles en sont les causes et quel est le poids de chacune d’elles, comment elle va se poursuivre et avec quelles conséquences. Une controverse scientifique existe, ce qui n’a rien d’inhabituel. L’incertitude, le doute, la controverse sont des éléments essentiels de la science, qui s’arrange très bien de l’existence de théories éventuellement exclusives les unes des autres. Par ailleurs, ce débat a également une dimension politique importante. Selon les conclusions scientifiques sur la responsabilité des activités humaines dans le changement climatique récent et sur la gravité de celui-ci, les hommes politiques peuvent être amenés à prendre des décisions impliquant les acteurs économiques et la vie quotidienne de leurs administrés. C’est la raison pour laquelle a été créé le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, en 1988. Les hommes politiques doivent pouvoir s’appuyer sur ses conclusions afin de fonder leur action. Le doute quant à la responsabilité humaine, même s’il avait été jugé important par le GIEC, n’aurait pas été en soi un frein à la décision politique. Une société peut en effet juger que les enjeux commandent d’agir malgré une incertitude importante. Mais encore faut-il pour cela que le débat politique ait lieu réellement. Les hommes politiques comme la société s’en remettent au contraire totalement à la science, à laquelle on impose implicitement de ne parler que d’une seule voix. Si bien que c’est sur le terrain scientifique qu’a lieu la confrontation des opinions politiques et des visions du monde. Le débat actuel est en effet, pour reprendre l’expression de Bernard Legras, un « salmigondis » de considérations d’ordres divers, légitimes, mais ne devant pas être mises au même niveau, ni se côtoyer dans le discours sans être distinguées.
Pour l’historien roumain Lucian Moia, auteur en 2004 de L’Homme face au climat. L’imaginaire de la pluie et du beau temps, « il n’y a aucun secret que le cataclysme climatique est annoncé de nos jours par ceux qui ne croient pas aux vertus de la civilisation technologique. Et contesté non moins fortement par les partisans de ce type de civilisation. Écologistes contre libéraux : les uns et les autres manipulent les mêmes données scientifiques, mais mises au service des idéologies opposées ». Mais il poursuit également en ces termes : « Constater la charge culturelle et idéologique de chaque option ne préjuge pas automatiquement de la part de vérité ou de non vérité exprimée par la théorie en question. Les optimistes ou les pessimistes peuvent avoir raison ou tort (ou partiellement raison, ou partiellement tort) indépendamment de leurs raisons idéologiques ». C’est dans la perspective ouverte par une telle considération que cet ouvrage voudrait s’inscrire.
Le climat est une réalité fuyante, abstraite, dont il n’existe probablement pas de définition pleinement satisfaisante. D’où des conceptions ou, au moins, des pratiques différentes de la climatologie. Chacun a pu constater la variabilité du temps qu’il fait, non seulement dans la durée, mais aussi au sein d’un espace même restreint. Dans nos latitudes moyennes, sous climat tempéré, on peut passer en moins de 24 heures d’un temps sec et ensoleillé à un temps couvert, humide et nettement plus frais. En outre, il peut y avoir une averse ponctuelle ou même une journée de pluie là où l’on se trouve et rien de tel à quelques kilomètres. La fois suivante, cela pourrait être l’inverse, ou pas. C’est pour cette raison que, là où la météorologie étudie les phénomènes atmosphériques sur un temps court (et tente de le prévoir à brève échéance), la climatologie, elle, a besoin d’une certaine épaisseur de temps. Le climat peut être défini ainsi, comme le font Gérard Beltrando et Laure Chémery [1] : « La combinaison des états de l’atmosphère (température, précipitation, humidité de l’air, ensoleillement, vent...) en un lieu donné et sur une période définie ». C’est, en quelque sorte, le temps qu’il fait dans le temps qui passe, l’épaisseur temporelle permettant soit de se détacher de cette variabilité en établissant des moyennes, soit de la prendre pleinement en compte en l’étudiant par exemple par des calculs de fréquences de types de temps, ou encore en analysant la succession de ceux-ci. Dans tous les cas, la durée d’observation est importante. On considère généralement que la variabilité naturelle du temps n’est plus une gêne sur une période de trente ans et qu’il faut en conséquence au moins s’approcher de cette durée pour que la caractérisation du climat d’un espace géographique donné soit valide. Ajoutons qu’il est rare de disposer de mesures pour de nombreuses variables. Les plus courantes sont la température et les précipitations, qui servent donc presque à elles seules à la description de tel ou tel climat. Cerner le climat étant difficile, on comprend la gageure que représente la tentative d’en saisir l’évolution, de la quantifier et d’en attribuer la cause à un facteur prépondérant, par exemple anthropique. D’autant plus que le climat n’a jamais été stable, qu’il évolue naturellement à toutes les échelles de temps et d’espace. Le débat sur l’« attribution des causes du changement climatique » n’a en réalité jamais cessé, bien qu’il ait été toutefois soustrait à la connaissance du grand public.
Ce livre souhaite donc inviter le lecteur s’intéressant pour la première fois à la question du réchauffement climatique à écouter un autre son de cloche que celui que l’on entend le plus souvent dans les médias, mais aussi permettre au lecteur averti et documenté d’approfondir la question en revisitant ses certitudes, s’il a adopté les conclusions du GIEC sur la responsabilité avérée des activités humaines dans le réchauffement climatique du XXe siècle, ou encore de les étayer, s’il considère déjà que rien n’est certain en la matière et qu’il peut exister d’autres hypothèses scientifiques au moins aussi solides. Pour cela, nous revenons d’abord sur les aspects historiques, depuis les premières considérations sur l’action de l’Homme sur le climat, particulièrement à partir de l’époque moderne, jusqu’aux débats de la période contemporaine et la naissance des préoccupations actuelles en la matière, avec la création du GIEC. Puis la nature de la récente évolution climatique est examinée en détail, parfois en contradiction radicale avec l’avis exprimé par les « experts », tant du point de vue de son caractère prétendument « sans précédent » que de ses conséquences négatives. L’explication d’une telle différence de diagnostic est explorée dans la troisième partie, auprès des chercheurs, dont certains ne sont pas motivés que par des considérations scientifiques, des médias, qui n’ont guère aidé à la tenue d’un débat serein, du monde politique, ignorant et qui dès le début a cherché à se défausser de ses responsabilités sur le monde de la recherche, et enfin des industriels, qui ont bien compris tout l’intérêt économique qu’il pouvait y avoir à épouser une thèse socialement aussi bien ancrée et porteuse. La dernière partie, quant à elle, revient sur les causes du réchauffement climatique. L’hypothèse d’un rôle de premier plan joué par les gaz à effet de serre, rejetés abondamment dans l’atmosphère depuis la révolution industrielle au XIXe siècle, apparaît extraordinairement incertaine au regard de l’assurance avec laquelle elle est proclamée. Au contraire, le rôle extérieur joué par le Soleil apparaît comme un candidat sérieux, ayant de plus en plus les faveurs du monde scientifique. Et le scénario d’évolution du climat que cette alternative scientifique annonce pourrait bien être très différent de celui qui nous est promis.

 

1. Beltrando G. et Chémery L. (1995) : Dictionnaire du climat, Larousse, 344 p.

 

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EN GUISE DE CONCLUSION


« La fonction du mythe, c'est d'évacuer le réel », a écrit Roland Barthes [1]. L’hypothèse d’une hausse de la température globale de la Terre consécutive des émissions de gaz à effet de serre par les activités humaines est de ce point de vue un mythe climatique. Benoît Rittaud ne s’y est pas trompé en intitulant ainsi son essai. Il a fallu, pour que domine sans partage cette hypothèse, évacuer les incertitudes liées à notre compréhension partielle des processus en jeu, ou encore celles liées à la faible robustesse des données sur lesquelles les sciences du climat doivent s’appuyer (à commencer par la simple collecte de données représentatives, servant de base à la reconstitution de la température globale depuis 150 ans, peinture impressionniste révélant plus des tendances qu’elle ne décrit une évolution précise de la variable vedette des climatologues alarmistes). Il a fallu également taire une histoire climatique bien documentée et vieille de quelques siècles pour lui substituer une vision nouvelle du passé n’infirmant pas le caractère prétendument sans précédent du dernier épisode de réchauffement, indissociable d’un rôle clef du dioxyde de carbone. La fabrique d’un consensus par simple proclamation répétée de son existence a installé dans beaucoup d’esprits sensibles aux questions environnementales la certitude qu’une très large unanimité scientifique soutenait cette théorie, qui est ainsi vite devenue une réalité sociale forte. Ce consensus apparent a été renforcé par la marginalisation des scientifiques en désaccord avec l’hypothèse de la responsabilité humaine et/ou avec la quantification du réchauffement. Cette marginalisation prenant différentes formes comme la décrédibilisation (ces scientifiques sont tous « vendus » aux lobbies), ou, plus simplement, la mise à l’écart médiatique (il aura fallu le Climategate pour que cela change quelque peu, quelque temps). L’autocensure pour échapper à la suspicion aura fait le reste auprès de ceux qui aurait pu exprimer des doutes. L’évacuation du réel est allée jusqu’à l’occultation du risque d’une évolution climatique opposée à celle proclamée comme une certitude par le GIEC, corollaire du rejet de l’alternative solariste, étayée par des études pourtant de plus en plus nombreuses.
Pour qui s’attache aux faits observés plus qu’à ceux prédits par des modèles ayant fait preuve de leurs insuffisances, il apparaît que l’hypothèse d’une action décisive des activités humaines sur le système climatique est d’une faiblesse confondante et le scénario d’un réchauffement catastrophiste improbable. Le 17 mai 2010, à Chicago, lors d’une conférence internationale réunissant des scientifiques « climato- sceptiques », Richard Lindzen a résumé ce point de vue en proposant que ce qualificatif ne soit plus accepté par ceux qui, sur des bases scientifiques, n’adhèrent pas aux conclusions du GIEC : « Pour autant que je sache, le scepticisme implique l’existence de doutes envers une proposition vraisemblable. Je pense que l’alarmisme actuel sur le réchauffement climatique n’est pas une proposition vraisemblable ».
La science et la technologie confèrent à l’Homme des capacités jamais atteintes au cours de l’Histoire. Possibilité de gérer, de régir le monde pour les uns, en croyant pouvoir rendre « l’Homme comme maître et possesseur de la nature », selon la célèbre formule de Descartes ; capacité de destruction et de déstabilisation des grands équilibres naturels pour les autres. En réalité les deux versants de la toute puissance supposée de l’Homme. À la suite de Vernadsky, qui, dès 1926, écrivait dans son livre Biosfera (« La biosphère ») que « l’homme civilisé » représentait « une force géologique nouvelle », Guy Stewart Callendar, jalon majeur de l’émergence de la théorie de l’effet de serre, considère en 1939 que « l’humanité est un agent de changement global », capable, grâce à ses émissions de dioxyde de carbone, de changer le monde qu’il habite, à son avantage. Il incarne parfaitement le premier versant du scientisme. Le second trouve son illustration dans l’actuelle théorie du réchauffement climatique anthropique et la figure du météorologue et chimiste Paul Crutzen. Ce scientifique fait partie de ceux qui, comme Stephen Schneider, ont introduit des objectifs politiques dans leur pratique de la science. Leur objectif était de traiter les questions environnementales à une échelle mondiale, en résolvant politiquement et économiquement la fausse menace du réchauffement global. Claude Lorius résume ainsi les raccourcis opérés : « Le prix Nobel de chimie Paul Crutzen l’a exprimé ainsi : la planète se détériore et il y a un paramètre simple et global pour le mesurer, c’est le CO2 » [2]. Crutzen est également l’un des nombreux supporters de la géo-ingénierie [3], tentative de manipulation du climat afin de refroidir la planète, ce qui est symptomatique d’un scientisme rejeté mais toujours latent.
L’humilité et la lucidité que les défenseurs de l’environnement demandent à ceux qui pensent que l’Homme peut et doit tout gérer, devrait les conduire à admettre qu’il n’est pas systématiquement un agent de destruction. Cela devrait aussi leur permettre de reconnaître ceux qui, au sommet, ont un pied sur chaque versant du scientisme et instrumentalisent le réchauffement climatique à leur profit : des hommes comme Al Gore et Maurice Strong ont su admirablement mêler les mondes politique et industriel d’un côté et, de l’autre, légitimer leur action auprès de ceux qu’ils dupent.

Rien de neuf et de viable ne peut être construit sur une base mensongère. Les outrances du discours anxiogène sur l’évolution attendue du climat, sur la base de quelques dixièmes de degrés Celsius et d’une relation incertaine avec la concentration de l’un des composants atmosphériques, pourraient être à double tranchant. Elles ont certes permis d’attirer l’attention sur un certain nombre de préoccupations légitimes en matière d’environnement, mais celles-ci, subordonnées à la seule question du réchauffement climatique catastrophique dû à l’Homme, pourraient bien être l’objet d’une nette désaffection lorsqu’il disparaîtra de la scène médiatique. Comme le disait justement le journaliste Hervé Kempf, avant de verser lui aussi dans l’excès en matière de climat, « l’écologie n’a pas besoin du réchauffement climatique pour affirmer ses exigences » [4].

 

1. Barthes R. (1957) : Mythologies, Seuil, 247 p.

2. http://www.sciencesetavenir.fr/magazine/rencontre/095981/le-jour-ou-j-ai- plonge-un-glacon-dans-mon-whisky.html.

3. http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=8538.

4. Kempf H. (1994) : La baleine qui cache la forêt. Enquêtes sur les pièges de l’écologie, La Découverte, 221 p.

 

 

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